Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !
32 € Format papier
24 € Format ePub
24 € Format PDF
Télécharger

 Quête de rendements et crise de la Covid-19 : la crise systémique fantôme


Christophe BOUCHER * Professeur des Universités, EconomiX-CNRS, Université Paris Nanterre ; directeur de la recherche et de la stratégie, ABN AMRO Investment Solutions. Contact : cboucher@parisnanterre.fr.
Patrick KOUONTCHOU ** Maître de conférences en économie, CEREFIGE (Centre européen de recherche en économie financière et gestion des entreprises), Université de Lorraine.Contact : patrick.kouontchou@univ-lorraine.fr.

La faiblesse persistante et structurelle des taux d'intérêt s'est accompagnée d'une prise de risque accrue de la part des investisseurs sur les marchés financiers faisant craindre une plus grande fragilité financière et une crise d'ampleur systémique émanant du shadow banking. Cette augmentation de la prise de risque s'observe chez différents types d'investisseurs (de l'investisseur individuel à l'investisseur institutionnel) et à travers différents mécanismes (comportementaux et incitatifs). Le choc sanitaire et économique de la pandémie de Covid-19 ne s'est pourtant pas transformé (à ce jour) en une crise systémique parce qu'il a touché principalement des secteurs peu représentés sur les marchés financiers et surtout en raison d'un policy mix inédit de par son ampleur et sa rapidité. Ce faisant, la politique monétaire a encore accru la faiblesse des taux d'intérêt et des rendements obligataires.

Dans la foulée du grand confinement, les banques centrales – la Federal Reserve (Fed), la Banque d'Angleterre ou la BCE (Banque centrale européenne) – ont repris ou amplifié leurs politiques monétaires non conventionnelles d'achats d'actifs et d'ancrage des taux d'intérêt à des niveaux durablement bas (low for long). Ces mesures se sont accompagnées par ailleurs d'un très fort rebond des épargnes forcées et de précaution des ménages, la pandémie et les mesures de confinement constituant un choc d'offre inédit en particulier sur les services.Avant la crise de la Covid-19, de nombreux économistes et banques centrales s'inquiétaient déjà de la persistance des taux d'intérêt (réels et nominaux) à des niveaux proches de zéro ou négatifs. Certes des taux d'intérêt bas contribuent à soutenir la reprise de l'activité et potentiellement de…