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 Les banques de développement : un rôle clé entre urgence pandémique et transition écologique


Étienne ESPAGNE * Senior Economist, Agence française de développement (AFD) ; chercheur associé, CERDI, Université Clermont Auvergne. Contact : espagnee@afd.fr.

Les banques de développement se sont révélées des acteurs incontournables face à la crise pandémique. Elles ont été aussi parmi les premiers acteurs financiers à se transformer ces dernières années pour faire face aux nécessités de la reconstruction écologique. Cette capacité d'adaptation et d'innovation face aux évolutions des modèles de développement s'ancre dans une histoire longue qui dépasse largement le cadre rhétorique des imperfections de marché. Elle s'appuie aussi sur les dynamiques existantes de l'architecture financière globale en même temps qu'elle contribue à les façonner. À l'image de la proposition actuelle de Liquidity and Sustainability Facility, les banques de développement pourraient contribuer à réorienter les flux d'investissements privés en subventionnant les risques perçus ou réels des projets écologiques et sociaux à financer. Cette stratégie pourrait néanmoins accentuer les biais procycliques de ces financements sans nécessairement garantir leur caractère écologique. Dans le cadre des projets de green deals, elles pourraient aussi soutenir directement les secteurs économiques et sociaux d'intérêt général en répondant à une demande formulée localement et démocratiquement. In fine, les formes d'intervention futures des banques de développement se façonnent dans les réponses immédiates apportées à la crise pandémique.

Mobilisées et transformées depuis quelques années pour affronter les enjeux financiers de la transition écologique, les banques de développement se révèlent être un acteur financier essentiel en temps de crise pandémique. Ces institutions, multilatérales, régionales, nationales ou locales, dont l'histoire remonte aux banques publiques de la première industrialisation au xixe siècle, sont aujourd'hui plus de 450 à opérer au service de leurs gouvernements partout dans le monde, développé comme en développement. Elles mobilisent chaque année plus de 2 000 Md$, soit 10 % de l'ensemble des investissements annuels globaux, publics ou privés. Elles disposent souvent d'une autonomie financière et juridique qui leur permet de démultiplier les moyens qui leur sont confiés. Assurant un rôle contracyclique en temps de crise, comme ce fut déjà le cas…