Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !
32 € Format papier
24 € Format ePub
24 € Format PDF
Télécharger

 La Théorie monétaire moderne : idées fausses, vraies limites et angles morts. Un tour d'horizon des critiques


Guillaume L'ŒILLET * Maître de conférences, CNRS, CREM – UMR6211, Université de Rennes 1. Contact : guillaume.loeillet@univ-rennes1.fr. L'auteur remercie le professeur Jean-Jacques Durand pour sa relecture attentive et ses commentaires précieux.

Depuis la grande crise financière, la Théorie moderne de la monnaie (TMM) suscite l'intérêt des milieux politique, médiatique et académique. Le « moment » keynésien qui a suivi cette crise a sorti d'une relative confidentialité ce courant de pensée qui défend un retour permanent de la dominance budgétaire à rebours du consensus autour d'une politique monétaire indépendante du pouvoir politique. Toutefois, la TMM fait l'objet de vives attaques de la part d'économistes dits de l'offre, de la synthèse voire même post-keynésiens dont la TMM est pourtant réputée proche. Les points de vue les plus virulents contestent le caractère scientifique de la TMM et la réduisent à un mouvement politique assimilable à l'aile radicale du parti démocrate américain. D'autres critiques plus élaborées s'attellent à démontrer les limites théoriques et empiriques des préconisations de la TMM. Cet article propose une synthèse des critiques adressées à la TMM et apporte une contribution en questionnant l'économie politique de la théorie.

Depuis 2008, les principales économies avancées ont vécu un tournant keynésien dans la mise en œuvre de leurs politiques économiques pour répondre aux chocs majeurs qu'ont constitué la grande crise financière entre 2008 et 2010 puis l'épidémie de Covid-19 à partir de 2020. Dans le premier cas, les gouvernements ont cherché à compenser l'atonie de la demande privée liée à une incertitude élevée et à un processus de désendettement massif des agents économiques. Dans le second cas, les gouvernements ont tout simplement pris le relais des agents économiques privés contraints d'interrompre partiellement leur activité pour des motifs sanitaires. Dans les deux cas, la politique budgétaire a relégué la politique monétaire au second plan car son efficacité et son rôle semblaient limités dans la réponse à apporter aux chocs. Cette période a…