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 Quelle recomposition des services financiers dans l'UE27 après le Brexit ?


Denis BEAU * Premier sous-gouverneur, Banque de France. Contact : denis.beau@banque-france.fr.

Le Brexit a non seulement constitué un bouleversement politique majeur, mais est également à l'origine de transformations profondes pour les services financiers, compte tenu tant de l'importance de ces services dans le bon fonctionnement des économies européennes et britanniques que de leurs liens. Par ailleurs, pour l'Union européenne, le Brexit constitue assurément une opportunité sans précédent d'asseoir son autonomie en matière de financement, de renforcer sa robustesse en développant un système financier polycentrique appuyé sur des infrastructures de marché européennes et de s'inscrire comme leader en matière d'innovation. Cela n'implique pas cependant de relâcher les liens et le dialogue avec le Royaume-Uni : le maintien d'une forte coordination avec les autorités britanniques, particulièrement sur les champs de la réglementation afférents à des risques systémiques ou globaux, demeure éminemment souhaitable pour éviter d'alimenter un risque de fragmentation réglementaire qui serait dommageable.

Si la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE) – ou « Brexit » – décidée dans le sillage du référendum organisé le 23 juin 2016 a constitué un bouleversement politique majeur, elle est également à l'origine de transformations profondes pour les services financiers, compte tenu tant de l'importance de ces services dans le bon fonctionnement des économies de l'UE et du Royaume-Uni que de leurs liens. En effet, avec la sortie du Royaume-Uni, l'UE perd une composante significative de son système financier, sa part de marché dans les services financiers au niveau mondial étant passée de 23 % avant le Brexit, soit la deuxième au niveau mondial, à 14 % aujourd'hui (Asimakopoulos et al., 2021). Pour le Royaume-Uni, si les services financiers représentent toujours une part substantielle de son économie (8,6 % du PIB, soit près de…