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 Environnement de taux bas et rentabilité des banques en zone euro


Aurélien LEROY * Maître de conférences, Laboratoire d'analyse et de recherche en économie et finance internationales (LAREFI), Université de Bordeaux. Contact : aurelien.leroy@u-bordeaux.fr.
Yannick LUCOTTE ** Maître de conférences, Laboratoire d'Économie d'Orléans (LEO), Université d'Orléans ; professeur affilié, Paris School of Business. Contact : ylucotte@gmail.com.

La politique monétaire conduite par la Banque centrale européenne (BCE) depuis une décennie et les évolutions démographiques et structurelles de nos sociétés ont conduit les économies de la zone euro vers un environnement de taux d'intérêt durablement faibles. Si ce dernier a permis d'éviter la déflation, il est aussi source d'inquiétude pour le secteur bancaire. Toutefois, même si l'aplatissement marqué de la courbe des taux d'intérêt a pu fortement compresser la marge d'intermédiation de certaines banques commerciales en zone euro, la baisse de la marge d'intérêt observée en France au cours des dernières années apparaît relativement contenue. De plus, l'effet des taux bas sur la rentabilité est plus qu'incertain. En effet, des taux bas vont affecter de manière asymétrique les principales composantes de la rentabilité des banques. En particulier, on peut s'attendre à ce que l'amélioration des conditions macroéconomiques et la baisse des provisions pour pertes sur prêts viennent compenser la contraction des revenus d'intérêt. L'exercice empirique réalisé dans cet article sur un échantillon de grandes banques cotées de la zone euro montre que l'assouplissement de la politique monétaire a eu un effet positif sur la rentabilité économique des établissements bancaires.

Sans surprise, l'arrêt brutal de l'économie et ses conséquences à venir, dès lors que les mesures de soutien étatique s'assécheront, ont conduit les banques de la zone euro à enregistrer de lourdes provisions dès 2020, dégradant un peu plus la rentabilité d'une industrie affaiblie depuis la crise financière de 2007-2008. Afin d'expliquer leur déficit structurel de rentabilité, beaucoup de banquiers de la zone euro ont pointé l'influence de la politique de taux bas de la Banque centrale européenne (BCE). Si cela peut, dans une certaine mesure, se justifier, car les particularités de l'activité bancaire font que son fonctionnement est très dépendant des actions de la banque centrale, la rentabilité des banques est toutefois multifactorielle.La BCE a été contrainte de réagir régulièrement ces dernières années. Son diagnostic, si l'on se…