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 Un débat récurrent : séparer le crédit et la monnaie


François MEUNIER * Économiste, ENSAE ; chroniqueur et auteur de livres ; animateur, site Vox-Fi.Contact : Francois.Meunier@ensae.fr.

Jusqu'où doit-on aller dans la séparation du métier de crédit et du métier de gestion des dépôts (et donc de la monnaie) au sein du système bancaire ? Voici un débat qui prend une vigueur nouvelle aujourd'hui que l'article se propose de reprendre à la lumière de l'histoire monétaire. Les arguments échangés au cours de deux derniers siècles gardent en effet toute leur actualité. On s'attache particulièrement aux épisodes majeurs qu'ont été la mise en place de deux réformes monétaires : celle de 1844 au Royaume-Uni et celle de 1935 aux États-Unis. Ce débat est relancé aujourd'hui à la suite de la rupture technologique majeure advenue depuis une décennie dans les moyens de paiement. Ce qui était souhaité par les tenants de la séparation des deux métiers ne va-t-il pas devenir incontournable en raison de la montée en régime des monnaies numériques, notamment et surtout celles émises par les banques centrales ?

La banque semble devoir rester une industrie à la constante recherche de son modèle d'organisation. On parlait hier, à la suite du choc financier de 2008, de mettre sous deux toits différents le métier de banque commerciale et celui de banque d'investissement. Aujourd'hui, le débat porte plutôt sur une séparation accrue du métier de crédit et de celui de gestion des dépôts. Les tenants d'une telle séparation évoquent toujours l'argument de robustesse du système financier. Mais leur conviction est renforcée par ce qu'ils voient de l'évolution technologique en matière de moyens de paiement : de nouveaux modèles économiques apparaissent où la gestion de la monnaie s'opère sans être reliée à l'activité de crédit. De même, les banques centrales s'interrogent sur l'opportunité de mettre à disposition du public l'équivalent numérique des…