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 La réforme du 100 % réserves : calamité ou opportunité ?


Christian PFISTER ** Chargé de cours, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Sciences Po.Contact : christian.pfister@sciencespo.fr.Les auteurs s'expriment en leur nom personnel. Leurs propos n'engagent pas l'Institut Jacques Delors, l'IRIS, l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ou Sciences Po.

Cet article se penche sur les différents plans de 100 % réserves apparus depuis l'entre-deux-guerres et par la suite adaptés. Dans toutes les formulations de ces dispositifs, des éléments de passif émis par les autorités publiques (monnaie fiduciaire, réserves de banque centrale ou bons du Trésor à court terme) viennent en adossement des dépôts à vue dans les banques ou au moins d'une partie d'entre eux. L'article présente brièvement les six différentes catégories de plans. Il met en lumière leurs points communs ainsi que leurs différences et montre que les deuxièmes sont plus nombreuses que les premiers. Les critiques adressées aux diverses formulations du 100 % réserves sont exposées. L'article montre que la réforme du 100 % réserves gagne en actualité, des initiatives récentes de la part du secteur privé, des banques centrales ou d'acteurs politiques pouvant lui être rattachées. Dans l'ensemble, le 100 % réserves ne ressort pas comme une opportunité significative pour améliorer le fonctionnement des systèmes bancaires. En outre, au moins l'une de ses variantes pourrait facilement se transformer en calamité. Heureusement, ce n'est pas celle qui est la plus actuelle.

Les plans visant à mettre en place des systèmes de 100 % réserves – aussi dénommés de réserves pleines – sont apparus pendant l'entre-deux-guerres et ont depuis été adaptés en réponse soit aux critiques, soit à des changements de contexte. Dans toutes les formulations de ces dispositifs, les dépôts bancaires à vue sont adossés à des éléments de passif émis par la banque centrale ou l'État (monnaie fiduciaire, réserves de banque centrale, bons du Trésor). En cela, les plans de 100 % réserves s'opposent aux systèmes de réserves dits fractionnaires où, en raison d'obligations de constitution de réserves imposées par la banque centrale (Drumetz et al., 2015), seulement une petite fraction des dépôts à vue est adossée à des réserves. La première partie de cet article présente brièvement les différents plans de 100 % réserves apparus…