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 Quel bilan tirer des initiatives d'annulation de la dette des pays pauvres très endettés ?


Marin FERRY * Maître de conférences, Université Gustave Eiffel (UGE) ; chercheur, laboratoire ERUDITE ; chercheur associé, Laboratoire d'économie de Dauphine (LEDa). Contact : marin.ferry@univ-eiffel.fr.

Le moratoire d'avril 2020 sur le service de la dette des États pauvre a entraîné une certaine résurgence des débats autour des initiatives d'annulations de dette des pays pauvres. Cependant, et en dépit d'une multiplication d'études sur le sujet, leurs effets sur le développement des pays bénéficiaires restent encore relativement flous par faute d'exposition, mais aussi et surtout par manque de consensus. Cet article vise à décrire le fonctionnement de ces initiatives, leurs objectifs et à dresser un bilan de leurs impacts, vingt ans après leur application. Si les effets sur la croissance restent pour l'heure mitigés, la littérature a mis en lumière un certain nombre d'effets positifs de ces programmes d'allégement de dette sur les finances publiques des États récipiendaires et sur certains indicateurs de développement humain. Le tableau est donc plutôt encourageant, mais dissimule quelques imperfections qu'il sera nécessaire de corriger, en cas de nouvelles annulations de dette.

Surendettement des pays à faible revenuet annulation de detteUne réponse tardive, mais efficaceLes problèmes de surendettement (et donc de remboursement) lorsqu'ils impliquent un débiteur et un (ou plusieurs) créancier, tous deux publics, sont généralement discutés et traités au sein du Club de Paris1. De 19562 à 1987, les solutions qui y sont proposées pour faire face au surendettement ne consistent qu'en des rééchelonnements de dettes bilatérales (qu'elles soient APD3 ou commerciales, c'est-à-dire avec un élément-don inférieur à 25 %). Ces termes de traitement, dits « classiques », ne permettent cependant pas d'endiguer le surendettement des pays à faible revenu (PFR), alors considéré comme un problème de liquidité plutôt que de solvabilité. Les créanciers du Club de Paris décident donc d'aller plus loin que ces simples…